Sursemis de prairie en sortie d’hiver ? Oui, … mais

Les sursemis, on en entend beaucoup parler, mais qu’est-ce que c’est exactement ? Il s’agit en fait d’introduire une ou plusieurs espèces fourragères (graminées et/ou légumineuses) dans une prairie installée, sans détruire la flore déjà présente. Les objectifs du sursemis sont d’augmenter la productivité et la qualité de la prairie, sans arrêt de production.

Simple à organiser le sursemis nécessite quelques précautions:

  • Il doit y avoir un bon contact entre les graines et le sol, pour permettre une bonne germination,
  • Il faut arriver à maitriser la compétition des jeunes plantules avec l’écosystème prairial pour permettre leur développement

Pour cela, il doit y avoir des espaces libres dans la prairie pour permettre germination et levée des plantules. Si ce n’est pas le cas, on peut envisager d’ouvrir la prairie en griffant à l’aide d’une herse. On peut également rechercher une hauteur de végétation plutôt rase (<5cm) en sortie d’hiver.

On va rechercher une installation rapide des plantules. Celle-ci sera possible sur un sol frais, ressuyé, suffisamment réchauffé avec des températures douces. Il va donc falloir trouver un compromis entre :

  • Un sursemis précoce fin mars sur une prairie qui n’a pas encore redémarré, mais avec des températures qui risquent de ralentir la levée,
  • Un sursemis tardif plus favorable au développement des plantules mais avec une concurrence accentuée. Dans le cas d’un semis tardif, il faudra que les petites graminées aient atteint le stade 4-5 feuilles pour supporter le coup de chaud estival.

Pour limiter la forte concurrence avec la végétation déjà en place, on choisira des espèces de graminées agressives, à installation rapide : Ray Grass Anglais, Brome pour le pâturage, Ray Grass Hybride pour la fauche.

Et pendant la phase d’implantation des plantules, on essaiera de freiner le développement de la végétation en place par une exploitation rapide au printemps (fauche ou pâture précoce), sans fertilisation azotée.

Et techniquement, le sursemis ? Il doit se réaliser à 1 cm de profondeur, éventuellement à la volée.

L’idéal est de pouvoir combiner :

  1. Hersage de la prairie en place
  2. Ouverture du couvert avec un passage de disques
  3. Dépôt des graines
  4. Enfouissement… léger
  5. Et rappuyage

La dose de semis sera proche de celle d’un ressemis, soient 20 à 25 kg/ha pour les graminées.

A noter : le rappuyage est une étape indispensable pour favoriser le contact terre/graine et garantir une levée rapide. Il peut se faire avec un rouleau. Il peut également être réalisé par un passage rapide d’animaux sur la parcelle avec un chargement instantané élevé : 15 à 20 ares/UGB (soit le double d’un chargement habituel au printemps).

La pérennité de la prairie ainsi rénovée dépendra ensuite de la conduite que vous en ferez !

Sursemis printemps 2021, plutôt réussi…

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