Les besoins du cheval l’hiver? Que sait-on ?

Bulle de Campagne, prairie chevaux sous la neige

Petit rappel d’introduction :

Selon la démarche INRA développée depuis les année 70 (et oui, déjà !) les besoins du cheval correspondent aux dépenses physiologiques de nutriments dans les différentes situations physiologiques (travail, gestation, reproduction, croissance, repos).

Ces besoins se répartissent en 2 parties : les besoins d’entretien et les besoins dits de production.

Pour ce qui est de l’énergie, les besoins d’entretien correspondent à la quantité d’énergie nécessaire pour couvrir les dépenses correspondantes à la vie et à l’activité d’un cheval qui n’assure aucune production ou travail et se maintient à poids constant et sans variation de composition corporelle. Le besoin est proportionnel au poids métabolique du cheval.

Le métabolisme de base, qui en est sa composante principale, correspond à la dépense énergétique de l’animal à jeun, au repos dans sa zone de neutralité thermique.

Il se compose de deux parties d’importance comparable associées d’une part au fonctionnement des organes vitaux (système nerveux, cœur, poumons, foie, reins, etc.), d’autre part au maintien de l’intégrité des cellules et des tissus (renouvellement des protéines, des lipides, etc.). Au métabolisme de base s’ajoutent les dépenses liées à l’ingestion et à la digestion des aliments, à l’excrétion des déchets toxiques, à la thermorégulation et à l’activité physique spontanée.

Des essais d’alimentation ont été conduits pour déterminer la quantité d’énergie nécessaire pour maintenir le cheval à poids constant pendant une période assez longue.

Ce qui en est ressorti :

  • Le besoin est plus élevé chez le mâle, les races de selle et de sang. Mais inférieur chez le poney (voilà pourquoi Pompon est toujours plus dodu l’hiver !)
  • La variabilité individuelle est élevée, ce qui traduit probablement des différences de tonus musculaire et d’activité liées au tempérament des animaux. Elle est également supérieure chez les jeunes chevaux que chez les chevaux d’âge.
  • ET … ce qui nous concerne en ce moment : La dépense énergétique est affectée par les variations climatiques qu’elles soient élevées ou très basses, bien que le cheval soit capable de s’adapter.

En période de grand froid, le cheval subit les effets de la température ambiante, qui ont pour effet d’augmenter la quantité de chaleur qu’il doit conserver pour maintenir une température corporelle constante de 38 °C.

Une zone de neutralité thermique (ZNT) a été déterminée chez le cheval selon les zones climatiques.

En zone tempérée, la ZNT est de + 5 °C à + 25 °C, tandis qu’elle est de – 15 °C à + 10 °C en zone froide chez le cheval adulte acclimaté dans chacune des deux zones climatiques considérées.

La durée d’acclimatation aux températures froides est en moyenne de trois semaines chez le cheval adulte au repos.

Elle serait seulement de deux semaines chez le cheval adulte au travail.

Dans les conditions froides, l’acclimatation du cheval adulte est efficace dans la ZNT car le cheval produit beaucoup d’extra-chaleur au cours de la digestion des aliments, 20 à 40% de l’énergie ingérée et d’autant plus élevée que la proportion de foin dans la ration est élevée.

Mais la dépense énergétique augmente rapidement en dehors de la ZNT :

de 2,5 % par degré Celsius en dessous de la ZNT établie en zone très froide à – 9 à – 15 °C, ce qui peut conduire à des augmentations de la dépense d’entretien de 10 à 30%

Les grands froids sont toujours là … Forcez sur le  FOIN et éventuellement augmentez légèrement les apports énergétiques de la ration distribuée.

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